Article rédigé par Valérie Le Couedic Christelle Guyot et Laurent Defer.

 

La propreté particulaire : un enjeu clé pour la qualité 

À l’ère de l’innovation, les produits doivent répondre à des exigences toujours plus contraignantes : plus de puissance, plus de fonctionnalités, une durée de vie prolongée et une maintenance réduite. Pour y parvenir, l’analyse des défaillances et des mécanismes de vieillissement est essentielle. Parmi les facteurs critiques, la présence de particules joue un rôle majeur.

 

L’impact des particules sur la performance des produits

Selon leur taille et leur nature, les particules peuvent causer des dommages critiques voir irréversibles. La présence de particules > 200 µm à 1 mm peut provoquer des dommages :

  • Mécanique : Elles s’insèrent entre les pièces en mouvement, provoquant des dégradations et abrasions qui, d’un simple bruit, peut évoluer vers une rupture complète d’un composant et la perte de fonction d’un système (ex : turbocompresseur…).
  • Fluides : Elles obstruent les buses, réduisent les débits, voire bloquent la circulation des fluides (ex : un circuit d’injection de carburant…).
  • Électrique : Elles entraînent des courts-circuits, des pannes, ou pire, des risques d’incendie (ex : cartes électroniques, pack batterie…).

C’est pourquoi, la maîtrise de la propreté particulaire est un réel enjeu dans les secteurs tels que l’automobile, le transport lourd (injecteurs, transmissions, boîtes de vitesses…), l’aéronautique (systèmes hydrauliques, actionneurs, composants critiques) ou encore le médical (implants, instruments).

Si les conditions d’utilisation des produits échappent souvent au contrôle des fabricants, la maîtrise de la propreté particulaire dès la fabrication est un levier d’action concret. Cette exigence, formalisée dans les spécifications techniques, se traduit par des seuils de taille de particules, leurs natures et un poids de particules maximum admissible à respecter.

 

Culture de la propreté particulaire : un engagement collectif

La maîtrise des particules ne repose pas uniquement sur des infrastructures. Elle nécessite :

  • La sensibilisation des équipes aux impacts des particules.
  • La formation pour identifier et éliminer les sources de pollution.
  • L’implication de tous, de la conception du produit à l’assemblage, pour limiter la génération de particules (frictions, produits utilisés, manipulations, etc.).

Un point souvent sous-estimé : le processus d’assemblage lui-même. Les échanges entre concepteurs de produits et de processus permettent de limiter la création de particules problématiques et d’intégrer des solutions de nettoyage efficaces dès la conception des postes de travail.

 

Le VDA 19.1 et l’ISO 16232 : mesures de la Propreté Particulaire des pièces et composants :

Ces référentiels définissent les méthodes et exigences pour extraire et évaluer, mesurer la contamination particulaire présentent sur les pièces et composants (Laboratoire / Contrôle qualité) issus de la fabrication.

Elles précisent comment choisir et qualifier les méthodes d’extractions, de filtration et d’analyse optique pour identifier, par échantillonnage, les particules présentent sur les pièces et composants.

L’objectif de ces normes est de vous guider dans le choix des éléments cités ci-dessus afin de standardiser une méthode qui permettra de comparer les résultats lors de différents contrôles fréquentiels.

La difficulté principale dans ce type d’analyse étant que le niveau de contamination est inconnu sur chaque pièce prélevée, il est donc indispensable de mettre en place une méthode qui garantira que le maximum de particules libres présentent dans le produit seront bien extraites et analysables à chaque prélèvement.

Ces référentiels s’adressent aux techniciens qui réaliseront les mesures dont les objectifs sont d’identifier le niveau de contamination actuelle, de les comparer aux spécifications du produit et en cas de dépassement du niveau de particules admissibles, de déclencher un plan de réaction et d’engager une démarche de maitrise des particules critiques qui peuvent impacter le fonctionnement du produit ou du système dans lequel il sera assemblé.

Le document précise également les exigences relatives aux laboratoires d’analyse, aux équipements utilisés, à l’environnement, à la sécurité, à la validation des méthodes (test de déclinaison, valeur à blanc) et à la documentation des résultats, afin d’assurer la reproductibilité et la fiabilité des mesures.

En résumé, elles couvrent :

  • Les Méthodes d’extraction des particules (rinçage, agitation, ultrasons, etc.)
  • Les Méthodes de filtration (matière, maillage)
  • L’Analyse des particules (microscopie optique, gravimétrie, analyse des matériaux)
  • La qualification de la démarche, les critères d’acceptation
  • L’Interprétation des résultats
  • Les plans de réactions en cas de dépassement des seuils de spécifications.
  • En pratique, l’ISO 16232 et le VDA 19.1 fournissent les paramètres/conditions de référence nécessaires à la maîtrise de l’évaluation du niveau de propreté atteint.

 

Spécificités du  VDA 19.1 :

Le VDA 19.1 apporte des informations complémentaires sur le développement des pièces et systèmes, en partant de la spécification sur le produit complet, sur différentes méthodes de détermination et de répartition du niveau de particule acceptable sur chaque composant constituant la pièce ou le système assemblé, transformé.

Le VDA 19.1 est référencé dans le cahier des charges technique de différents constructeurs et équipementiers de rang 1 de la supply chain automobile allemande. Ces acteurs de l’industrie automobile demandent la qualification du personnel en charge des mesures de propreté par le biais d’une formation qualifiante, « Assistant de contrôle pour la propreté technique » proposé par EUROSYMBIOSE, unique partenaire licencié en France par le VDA -QMC.

 

Le référentiel VDA 19.2, Propreté Particulaire des process d’assemblage : une approche structurée pour les concepteurs et les producteurs 

Le VDA 19.2 offre un cadre méthodologique pour intégrer la propreté technique dès la conception des produits et des process de fabrication.

En effet, cette norme traite de la contamination générée pendant la fabrication, notamment :

  • Flux de pièces et mouvements
  • Lubrifiants, fluides, résidus de processus
  • Machines, outillage, postes d’assemblage
  • Moyens de manutention
  • Vêtements opérateurs
  • Comportement des opérateurs
  • Nettoyage industriel
  • Conception et organisation des zones propres

 

En voici les étapes clés :

1. Adapter l’environnement de production

Le référentiel propose une classification des zones de travail en fonction des niveaux de propreté nécessaire requis : Zone propre, salle propre, salle blanche.

2. Maitriser la logistique 

Concevoir des emballages adaptés et des stratégies de transfert pour préserver la propreté technique, du fournisseur à la ligne de production.

 3. Maitriser la contamination par le facteur humain

Former le personnel, réglementer les activités et prévoir des équipements de travail compatibles avec les exigences de propreté (pas de libération de fibre,…)

4. Maitriser les outils de production 

Concevoir et maintenir en état les processus de transformation, d’assemblage, de déplacement des pièces ne générant pas de particules critiques et/ou prévoir des nettoyages intégrés.

 

Des normes complémentaires 

Pour conclure, le VDA 19.1 et l’ISO 16232 précisent « comment mesurer les particules » et le VDA 19.2 propose un cadre méthodologique pour « éviter d’en générer ».

 

Une approche sur mesure pour maîtriser durablement la propreté particulaire

  • Une doctrine : Faire aussi propre que nécessaire et pas que possible !
  • Plutôt que de recourir à des solutions standardisées et coûteuses, il est préférable de développer une démarche adaptée aux besoins réels de l’entreprise et du produit.
  • Le transfert de compétences clés permet aux équipes de maîtriser durablement la propreté particulaire et d’intégrer cette expertise dans les processus au quotidien.

 

Formez vos équipes avec Euro-Symbiose

Partenaire licencié du VDA-QMC, Euro-Symbiose vous propose des formations pour maîtriser ces enjeux :

  • #979 : VDA 19.1 – Contrôle de la propreté des pièces : qualification comme assistant inspection
  • #980 : VDA 19.2 – La propreté technique en assemblage : qualification comme assistant-planificateur de la propreté technique en assemblage

 

Et également ces formations :

 

Intéressé(e) ? Contactez-nous pour adapter ces formations à vos besoins !

 

📞 Nos équipes sont à votre écoute et votre service pour répondre à vos besoins :

Auteur : EURO-SYMBIOSE

Laisser un commentaire